En 1948, lors de la guerre d’indépendance de l’État d’Israël, Imi Lichtenfeld prit part aux combats avant de rejoindre officiellement Tsahal en tant que chef instructeur pour l’éducation physique et le combat rapproché. Son objectif était clair : développer une méthode simple, efficace et rapide à assimiler, adaptée aux besoins urgents des soldats. Les techniques qu’il élabora furent le fruit d’un réajustement constant, nourri par les retours d’expérience du champ de bataille.
Après une mission de deux ans en Éthiopie, Imi quitta le service actif en 1964. Il ouvrit une école à Netanya et donna alors une existence officielle au Krav Maga (littéralement « combat rapproché » en hébreu). S’inspirant de principes fondamentaux — comme la recherche du chemin le plus court, la défense et la contre-attaque simultanées, ou encore l’utilisation de mouvements instinctifs —, il mit progressivement de l’ordre dans un contenu jusque-là dispersé. Son ambition était claire : « créer un système applicable dans la réalité ».
À partir des années 1980, le Krav Maga, jusqu’alors réservé à Israël, commença à s’internationaliser. Imi autorisa ses meilleurs élèves à enseigner la discipline à travers le monde. Ainsi, Eyal Yanilov fit connaître la méthode aux États-Unis, Richard Douieb en France, et Kobi Lichtenstein en Amérique du Sud. Des organismes prestigieux tels que le FBI, la DEA, les Marines américains, le GIGN ou encore les SAS britanniques contribuèrent à populariser le Krav Maga auprès du grand public. Peu à peu, de nombreux clubs civils intégrèrent cette approche novatrice de la self-défense, notamment sous l’impulsion de Darren Levine en Amérique du Nord et de Richard Douieb en Europe.
Le décès d’Imi Lichtenfeld en 1998 ouvrit une nouvelle ère, marquée par des divergences au sein des différentes organisations de Krav Maga. Pourtant, jusqu’à la fin de sa vie, le fondateur resta fidèle à sa vision humaniste, répétant que son vœu le plus cher était que « chaque enfant sache se défendre, élevé dans le respect d’autrui ».
Les mouvements du Krav Maga sont pensés pour être faciles à apprendre, rapides à exécuter et efficaces sous stress.
Contrairement aux disciplines sportives, ici, l’objectif n’est pas de marquer des points ou de gagner un combat, mais bien de survivre.
Les frappes ciblent en priorité des zones anatomiques vulnérables :
Ces attaques directes permettent de mettre l’agresseur hors d’état de nuire en quelques secondes.
Offensif avant tout
Dans l’esprit du Krav Maga, la défense n’est jamais une fin en soi. Elle ne sert qu’à récupérer l’initiative afin de repartir immédiatement à l’attaque.
Le combattant adopte une stratégie de forward drive : avancer, reprendre le contrôle, et neutraliser la menace sans relâche.
Chaque action doit être :
Elle doit toujours avoir un objectif clair : déconcentrer, neutraliser, fuir, protéger ou contrôler.
Selon les publics, la finalité diffère :
armée : éliminer la menace,
police : neutraliser et maîtriser,
civils : se défendre et survivre.
L’entraînement au Krav Maga
Le Krav Maga se distingue par son réalisme. L’entraînement ne suppose pas un combat “équitable” mais prépare au contraire à des situations atypiques et imprévisibles :
réagir à une attaque surprise,
faire face à un adversaire armé d’un couteau, d’une batte ou même d’une arme à feu,
empêcher l’adversaire d’utiliser son arme,
combattre contre plusieurs assaillants ou sortir d’un encerclement,
protéger une tierce personne.
Outre les techniques physiques, l’entraînement aborde aussi la gestion du stress, la communication verbale et les réactions adaptées aux contextes d’agression.
Les qualités développées sont nombreuses : réflexes, rapidité, précision, endurance mentale, maîtrise de soi et détermination.
Les deux piliers du Krav Maga
L’auto-défense
Cette dimension vise à donner aux pratiquants la capacité de se défendre dans n’importe quelle situation :
coups de poing et de pied,
étranglements et saisies,
attaques armées (couteau, arme à feu, bâton, grenade, etc.).
L’élève apprend à réagir aussi bien en position debout que dans des contextes contraints : obscurité, position assise ou couchée, espaces réduits, agresseurs multiples.
2. Le combat
Phase avancée, le combat au corps à corps développe la capacité à neutraliser rapidement et efficacement.
Il comprend :
Combat technique : travail de la précision seul ou avec partenaire passif.
Combat souple : coordination, distance et timing sans mise en danger.
Combat appuyé : tester sa résistance et gérer le stress avec échanges de coups.
Combat dur : étape clé dès la ceinture verte (obligatoire avant 40 ans), permettant de s’éprouver dans un contexte de peur et pression maximale, mais encadré.
Conclusion
Le Krav Maga n’est pas un sport, mais un système de survie.
Il prépare à affronter le pire des scénarios : agression armée, multiples assaillants, menace sur soi ou sur autrui.
Sa philosophie est simple : agir vite, frapper juste, neutraliser efficacement.